Les expositions temporaires du Musée valaisan des Bisses sont directement issues de nos projets de recherche. Elles prolongent les enquêtes menées sur le terrain, les collaborations scientifiques et les réflexions contemporaines qui nourrissent notre institution.
Chaque exposition constitue un chapitre de cette recherche au long cours : comprendre les bisses comme patrimoine vivant, système d’organisation collective, paysage culturel et laboratoire pour l’avenir.
Vous trouverez ci-dessous un aperçu des expositions passées.
Les racines du futur – chapitre III
19.04 – 08.11.2025
À l’heure où les urgences climatiques et culturelles bouleversent nos repères, le Musée valaisan des Bisses propose une respiration, une pause dans le tourbillon du présent. Avec « Les racines du futur – Chapitre 3 », il invite à ralentir, observer, transmettre et imaginer ensemble un avenir durable.
Pensée comme un galetas ou un réduit de jardin, l’exposition se construit à partir de fragments du passé : objets oubliés, paroles transmises, gestes hérités. Plus d’une centaine d’éléments rassemblés témoignent d’un patrimoine vivant, enraciné dans la patience et la résilience – à l’image des bisses qui sculptent les paysages alpins depuis des siècles.
Ici, rien n’est neuf. Tout est prêté, récupéré, recyclé. Chaque meuble, caisse ou recoin incarne une attention renouvelée au monde, un engagement vers la simplicité et la durabilité. L’exposition elle-même devient un acte de réemploi.
Ce dernier chapitre explore les liens entre les bisses et l’environnement en croisant les constats scientifiques d’aujourd’hui avec les solutions de demain. La jeunesse y apparaît comme jardinière du futur, prête à faire germer un paysage commun, plus résilient et partagé.
Ce dernier chapitre explore les liens entre les bisses et l’environnement en croisant les constats scientifiques d’aujourd’hui avec les solutions de demain. La jeunesse y apparaît comme jardinière du futur, prête à faire germer un paysage commun, plus résilient et partagé.


Le soleil nous inonde chapitre II
20.04 – 09.11.2024
L’exposition Le soleil nous inonde, chapitre 2 de l’exposition temporaire, propose quelques réponses aux questions posées dans le premier chapitre « Si les glaciers ne revenaient pas », présenté en 2023.
Cette exposition s’est construite en parallèle de l’acceptation du dossier UNESCO, concernant la transmission de l’irrigation traditionnelle en Europe comme patrimoine immatériel. Cette reconnaissance nous permet de tisser des liens importants avec des chercheurs de Suisse et d’Europe autour de la question de la transmission du patrimoine et également de sa résilience face aux enjeux actuels.
Elle s’articule autour de deux axes. Le premier se concentre sur la mise en avant des enjeux liés à la durabilité et en particulier autour des trois savoir-faire protégés par l’UNESCO. Pour les mettre en scène, nous avons fait appel à Hugo Lienhard, maquettiste spécialisé, réputé pour la méticulosité de ses reconstitutions. Le deuxième a pour objectif de valoriser le chapitre 1 de l’exposition en présentant les propositions de réponse des visiteurs face aux défis présentés.
Si les glaciers ne revenaient pas – chapitre I
22.04 – 11.11.2023
Si les glaciers ne revenaient pas est une œuvre fictive et participative du Musée valaisan des Bisses. Chapitre 1 de l’exposition temporaire. Selon des études scientifiques toujours plus nombreuses sur l’avenir des glaciers en Valais, les prédictions semblent tendre vers leur disparition en 2100.
Les bisses servent en premier lieu à amener l’eau stockée en hiver et en altitude par les glaciers sur les coteaux afin d’irriguer les surfaces agricoles durant l’été. Les structures physiques de ces canaux transportent l’eau et les structures sociales comme les consortages la répartissent entre les utilisateurs.
Si le premier maillon de la chaîne, les glaciers, ne revenaient pas et disparaissaient, quel serait l’avenir des bisses et des structures sociales qui les accompagnent ?
Si les bisses suivaient à leur tour l’avenir funeste des glaciers, quelles seraient les conséquences sur la faune et la flore ?
Est-ce que le transport de l’eau à travers les canaux rend des services écologiques ? Et quels sont-ils ?


UNESCO : l’irrigation traditionnelle comme patrimoine culturel mondial
04 – 05.11.2022
L’exposition UNESCO s’inscrit dans le cadre du dépôt de candidature internationale pour l’inscription au patrimoine immatériel des techniques d’irrigation traditionnelle en Europe qui regroupe 7 pays, dont la Suisse.
Le Musée valaisan des bisses a eu l’occasion de participer à ce projet pour défendre les consortages de bisses et propose au cours de cette exposition annuelle de découvrir l’irrigation traditionnelle de plaine et de montagne en Europe ainsi que les méthodes d’irrigation au niveau mondiale protégées par l’UNESCO.

Consortages – Ensemble, quel avenir pour notre passé ?
24.04.2021 – 06.11.2022
Les consortages de bisses ont émergé en Valais durant le Moyen-Âge autour de la gestion de ressources communes telles que l’eau, les alpages ou les forêts. Souvent méconnus, parfois idéalisés, nombre de consortages ont poursuivi leur activité
sans relâche, jusqu’à faire partie du terroir et de l’imaginaire valaisans.
Les enjeux actuels et futurs liés aux ressources naturelles ont ravivé l’attention pour le mode de gouvernance collective des consortages, au sein desquels les usagers gèrent eux-mêmes les biens communs.
Entre la privatisation et la gestion étatique des ressources naturelles, le modèle des
consortages offre-t-il une « troisième voie » ? Autour de documents d’archives et d’entretiens filmés, l’exposition CONSORTAGES : Ensemble, quel avenir pour notre passé ? propose un voyage
historique dans l’univers des consortages, afin de découvrir leurs origines, comprendre leurs réalités actuelles et imaginer leurs avenirs.

BÄRGERI : Bisse de l’année et Paysage de l’année 2020
24.04 – 06.11.2021
En 2020, le paysage de pentes irriguées par
ruissellement des coteaux ensoleillés du Haut-Valais a été désigné comme Paysage de l’année par la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (SL-FP).
Le Bärgeri, qui prend son eau dans le Nesselbach et termine son cours dans le Taferbach, a reçu quant à lui le prix de Bisse de l’année 2020. Connu dès 1327, abandonné en 1993, le bisse a été réhabilité en 2003 par une association.
Une double bonne occasion de mettre en valeur les Sonnenberge du Haut-Valais.
L’exposition présente les maquettes du bisse du Bärgeri, réalisées par les élèves du Cycle d’Orientation de 2003/04 (OS Brig) et prêtées par l’association Pro Historia Glis.
Le bisse d’Ayent sur le billet de 100 francs
12.09.2019 – 11.2020
Depuis des décennies, les artistes et scientifiques puisent leur inspiration au sein de l’univers des bisses. Ces canaux ont été peints, sculptés, dessinés, inventoriés et photographiés. Ils représentent l’image d’un Valais montagnard, véritables symboles de la culture alpine. La gestion d’une ressource, rare dans ces milieux, figure l’intelligence technique et sociale autour de l’eau et de la solidarité. De ce fait, ils sont
souvent représentés sur différents supports (timbres, étiquettes de vin…) jusqu’au choix du billet de 100 francs.
Le Grand bisse d’Ayent, choisi parmi les 300 bisses valaisans, sert de modèle et d’exemple. La petite histoire de ce canal particulier rejoint la grande histoire de l’épopée des bisses. Construit au 15ème siècle comme beaucoup d’autres dans la région (Torrent-Neuf, Lens, Ro, Clavau…), il représente le
« boom » des constructions liés aux besoins des culture bovines. Les habitants de la Contrée d’Ayent s’organisent en consortage pour amener et gérer l’eau de la Lienne, au sein d’une société centrée autour de l’agriculture.


Bisses du Népal – Gestion de l’irrigation en montagne
28.04 – 10.11.2018
L’exposition invite à découvrir les spectaculaires réseaux d’irrigation du Népal central, notamment dans les districts de Palpa et Gulmi. Depuis le 16ᵉ siècle, ces canaux — creusés à flanc de montagne, parfois dans des terrains abrupts et instables — témoignent d’un savoir-faire technique remarquable et d’une organisation sociale d’une grande finesse.
À travers l’exemple du canal d’Aslewacaur (6 km), le parcours met en lumière la complexité de ces ouvrages : creusés par d’anciens mineurs, soumis aux glissements de terrain et aux pluies de mousson, ils nécessitent un entretien collectif rigoureux. Chaque année, les 150 maisonnées concernées participent au curage et aux réparations, sous la direction d’un chef de canal. Un système précis de suivi et d’amendes garantit l’équité et renforce la cohésion du groupe.
L’exposition révèle également un mode de partage de l’eau exemplaire. Les droits d’eau sont organisés en tours de 12 heures, répartis entre lignages. La distribution alterne amont et aval, jour et nuit, assurant une répartition équitable des contraintes. Ici, la logique n’est pas uniquement technique : elle est profondément sociale. L’eau circule selon les structures de parenté et un calendrier inspiré d’un ordre cosmique traditionnel.
Cartes, maquette, photographies et témoignages donnent à voir comment ces systèmes d’irrigation ont transformé l’agriculture locale — permettant jusqu’à trois récoltes par an — tout en reposant sur des principes d’entraide, de responsabilité collective et d’équité.

Arts & Bisses – exposition collective
29.04 – 11.11.2017
L’exposition a réuni les œuvres de quinze artistes régionaux, offrant un regard pluriel sur les bisses — entre mémoire, matière et imaginaire.
Dès leur origine, les bisses relèvent d’un art technique à part entière. Bazots, chéneaux, marteaux avertisseurs témoignent d’une ingéniosité façonnée par la montagne. Cette lignes d’eau sont aussi des lignes de création. On retrouve cette dimension esthétique dans les objets en bois liés à l’organisation agricole — Pô du Mulet, bâtons de garde — ou dans les sculptures qui ponctuent le fil de l’eau. Ici, l’utile devient beau, presque sans le vouloir.
Du 16ᵉ siècle à aujourd’hui, les bisses inspirent artistes professionnels et amateurs. Dessin, peinture, gravure, sculpture, photographie, cinéma, théâtre, littérature : ils traversent les disciplines et nourrissent les imaginaires. Ils deviennent motif, symbole, paysage intérieur.
À partir du 20ᵉ siècle, d’autres supports participent à leur diffusion : bande dessinée, timbres postaux, objets éditoriaux ou promotionnels offrent de nouvelles lectures. La patrimonialisation du Valais s’appuie sur ces emblèmes liés à l’eau et à l’histoire pour projeter son identité au-delà des montagnes. De l’Exposition nationale de Lausanne en 1964 à celle de Milan en 2015, maquettes et mises en scène ont porté les bisses sur la scène internationale. Au 21ᵉ siècle, les supports se diversifient encore — jusqu’au billet de 100 francs — confirmant leur force iconique.
Depuis 2023, le Musée accueille également des œuvres contemporaines — vidéos, installations, créations plastiques — d’artistes qui interrogent l’eau, sa gestion et les défis de demain : partage des ressources, changements climatiques, mémoire des territoires, nouveaux équilibres à inventer. Ces expositions et projets artistiques sont désormais à retrouver sur notre page Arts & Bisses, vitrine vivante de ce dialogue entre patrimoine et création.
Car les bisses ne sont pas seulement des témoins du passé : ils irriguent encore l’imaginaire, et tracent des chemins vers l’avenir.

Sonnige Halden
12.09.2019 – 11.2020
Les bisses d’Ausserberg et des Sonnige Halden
Le long de la Rampe sud du Lötschberg, sur les célèbres coteaux ensoleillés dominant la rive droite du Rhône, se déploie un réseau exceptionnel de canaux d’irrigation. Le chemin pédestre aménagé par les BLS est aujourd’hui l’une des randonnées les plus fréquentées de Suisse. Il offre bien plus que des panoramas spectaculaires : il permet de découvrir une concentration remarquable de bisses, dans un paysage sec aux accents méditerranéens, intégré au Patrimoine mondial naturel de l’UNESCO Jungfrau-Aletsch.
Dans ces vallées latérales profondes — Joli, Bietsch, Baltschied, Gredetsch — alimentées par les eaux de fonte des glaciers, dont celui du majestueux Bietschhorn (3 934 m), plus d’une cinquantaine de bisses ont été recensés. Leur faible débit (souvent moins de 40 litres par seconde) contraste avec celui des grands bisses du Valais central, mais n’enlève rien à leur importance vitale : sans eux, l’agriculture sur ces pentes arides aurait été impossible.
Construits dès le début du 14ᵉ siècle, ces ouvrages témoignent d’une audace et d’un savoir-faire remarquables. Une trentaine sont encore en fonction aujourd’hui. Sur le Niwärch ou le Gorperi, des bazots suspendus — troncs évidés fixés à la roche par des crochets en bois — ont été réinstallés selon les techniques ancestrales. Le Tretschbord, système de berges en pierres dressées et mottes de terre, illustre également l’ingéniosité locale. D’autres bisses emblématiques, tels que le Wyssa, le Manera ou le légendaire Chänilwasser, complètent ce patrimoine hydraulique unique.
À travers photographies, documents et éléments de construction, l’exposition mettait en lumière ces véritables œuvres d’art techniques, suspendues entre ciel et vallée — témoignages d’une relation patiente et inventive entre l’homme, l’eau et la montagne.