Au Musée valaisan des Bisses, le patrimoine n’est pas figé. Il dialogue.

À travers l’intégration d’œuvres d’art contemporain au sein même des expositions permanentes, nous invitons des artistes à faire résonner leur regard avec notre propos : l’eau, le territoire, l’environnement, la mémoire, les gestes, le temps.

  • Ces interventions ne viennent pas illustrer l’histoire des bisses.
  • Elles l’ouvrent.
  • Elles la déplacent.
  • Elles l’actualisent.

Certaines œuvres entrent en écho direct avec les thématiques fondatrices du musée ; d’autres prolongent une recherche spécifique, comme ce fut le cas avec Tomoko Sauvage, invitée dans le cadre de la Biennale Son, dont la pratique sonore explore les propriétés vibratoires et poétiques de l’eau.

Chaque collaboration constitue une traversée : un point de rencontre entre savoirs vernaculaires et expérimentations contemporaines.

Cette page rassemble les interventions passées — archives vivantes d’un dialogue en mouvement entre art et bisses.

Biennale Son – 2e édition

Dans le cadre de la 2e édition de Biennale Son, le Musée valaisan des Bisses présente Buloklok (2022) de l’artiste Tomoko Sauvage.

Tomoko Sauvage (née en 1976, basée à Paris) crée des paysages sonores immersifs à la croisée de la nature et de l’électronique. À travers l’eau, la céramique et l’amplification subaquatique, elle développe installations et performances qui explorent la dynamique imprévisible du son et invitent à une écoute sensorielle et contemplative.

Buloklok, 2022

Buloklok est conçu comme un garde-temps qui compterait les rythmes respiratoires de différents animaux. Les sculptures en verre font sortir des bulles de leur « bouche » chaque fois que la partie supérieure de leurs cavités est remplie d’air, générant notes et rythmes en fonction de la taille de ces cavités et de la pression des pompes qui les actionnent.

L’installation reprend la pratique performative de Tomoko Sauvage, qui utilise des coquillages cauris comme instruments de musique produisant des sons de bulles. Elle fait aussi écho au motif récurrent de l’artiste, la clepsydre, ou horloge à eau, considérée comme le plus ancien instrument de mesure du temps. Jusqu’à récemment, le temps était élastique et défini par l’observation des corps célestes avec des variations saisonnières et géographiques. Buloklok réfléchit à ces temporalités fluides, empiriques et intimes, tout comme chaque être vivant a ses propres rythmes respiratoires.

Ecoutez le podcast raconté et réalisé, pour Biennale Son, par Arnaud Laporte, journaliste à France Culture

Plus d’informations ici.